Carnet de bord du projet MARGUERITE au collège Elsa Triolet à Vénissieux (69)

Julie Le Gall

Maître de conférence, coordinatrice du projet MARGUERITE
ENS de Lyon
UMR Environnement Ville et Société

Hélène Mathian

Maître de conférence
ENS de Lyon
UMR Environnement Ville et Société

Myriam Laval

Professeure d'Histoire-Géographie associée à l'Ifé
Collège Elsa Triolet

Abdel Benlechhab

Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre associé à l'Ifé
Collège Elsa Triolet

Chloé Serrÿn

Stagiaire - Rédactrice du carnet de bord Elsa Triolet 2015-2016
Ifé ENS de Lyon

Publié par

Gérard Vidal

Directeur de publication
Ifé ENS de Lyon
Résumé

Le collège Elsa Triolet à Vénissieux, dans l'académie de Lyon (69) est impliqué dans le projet MARGUERITE depuis 3 années scolaires consécutives. Ce carnet de bord propose de suivre le projet séances par séances lors de l'année 2015-2016.


Table des matières
Liste des illustrations
Liste des figures Contenant une vidéo

Séance 16 et 17 - Carte mentale de l'espace de vie personnel et des commerces alimentaires - 4 et 11 février 2016


Table des matières
Carte mentale de l'espace de vie.
Figure 1. Carte mentale de l'espace de vie.

Le contexte et les objectifs de la séance

La troisième séance du volet de COMMERCIALISATION a été menée par Hélène Mathian, maître de conférence au laboratoire de recherche en géographie Environnement Ville Société (EVS) à l'ENS de Lyon. Cette séance amenait les élèves à réfléchir à leur espace de vie. Pour cela, ils ont du identifier les lieux qu'ils fréquentent régulièrement et les placer sur une carte mentale. Ils ont donc déterminé si ces lieux étaient loin ou proche, et pour les lieux où ils font les courses alimentaires avec leurs parents, ils ont essayé de catégoriser les différents types de lieux : grande surface, supermarché, marché.

Ils ont donc décrit leur propre esapce de vie : le quartier des Minguettes. Ensuite, les élèves ont cherché à caractériser l'offre commerciale alimentaire qui existe dans leur quartier. Ils ont appréhendé la notion de nombre de commerces par habitant, ce qui leur a permis de comparer leur quartier à d'autres lieux (ville de Vénissieux, ville de Lyon et France entière). Ils en sont venus à la conclusion imagée qu'aux Minguettes "on fait plus la queue dans les magasins que dans d'autres endroits en France", ce qui revient à qualifier le quartier des Minguettes comme "désert d'offre alimentaire" en termes de géographie.

Déroulement de la séance

Devoir Maison : L'accès aux commerces

Avant la séance, un exercice était proposé aux élèves sous forme de devoir à la maison. Ils devaient lister trois lieux où ils font les courses alimentaires avec leur famille et les caractériser.

L'accès aux commerces - activité (1)
Figure 2. L'accès aux commerces - activité (1)

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L'accès aux commerces - activité (2)
Figure 3. L'accès aux commerces - activité (2)

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La séance en classe : carte mentale de l'espace de vie.

Elaboration de la carte mentale de l'espace de vie des élèves.

Pour commencer, Hélène Mathian a demandé aux élèves de dessiner individuellement les lieux que les élèves fréquentaient régulièrement (dans une semaine moyenne). Ils avaient 15 - 20 minutes pour placer les lieux de leur espace de vie dans un cadre vierge où seule une silhouette de bonhomme sous un toit, qui les représentait, était dessinée au centre.

Premier exemple de carte mentale de l'esapce de vie : l'organisation en réseau.
Figure 4. Premier exemple de carte mentale de l'esapce de vie : l'organisation en réseau.

Une première façon de représenter son espace de vie utilisée par certains élèves, était de placer les lieux autour de la silhouette du soi, tous à équidistance . Clic droit et ouvrir l'image dans un nouvel onglet pour visualiser l'image dans sa résolution d'origine.


Deuxième exemple de carte mentale de l'espace de vie : le plan géographique.
Figure 5. Deuxième exemple de carte mentale de l'espace de vie : le plan géographique.

Une seconde façon de représenter son espace de vie utilisée par d'autres élèves, consiste à dessiner fidèlement les lieux et les chemins y menant, comme sur une carte - plan. Clic droit et ouvrir l'image dans un nouvel onglet pour visualiser l'image dans sa résolution d'origine.


Troisième exemple de carte mentale de l'espace de vie : le plan conceptuel.
Figure 6. Troisième exemple de carte mentale de l'espace de vie : le plan conceptuel.

Une troisième façon de représenter son espace de vie utilisée par d'autres élèves, consiste à dessiner les lieux sans chemin qui y mène. L'éloignement à la silhouette au centre représenterait alors peut-être la distance physique (mesurée en mètres) et / ou la distance psychologique ou sociale (la difficulté pour s'y rendre : transport en commun, plaisir du trajet, etc.). Clic droit et ouvrir l'image dans un nouvel onglet pour visualiser l'image dans sa résolution d'origine.


Ensuite Hélène Mathian a proposé que les lieux fréquentés par chacun soient listés et mis en commun au tableau. D'abord, un garçon de la classe a proposé les lieux suivants :

  • le magasin de jeux,

  • la mosquée,

  • le terrain de foot.


Puis, pour comparer, une fille a été interrogée et elle a listé les lieux suivants :

  • Casino (un supermarché),

  • le collège,

  • le marché,

  • Auchan (un autre supermarché),

  • Carrefour (un autre supermarché).


Figure 10. "Aller en ville"

Lorsque les élèves décrivent les lieux où ils vont régulièrement dans une semaine normale, ils utilisent l'expression "aller en ville".


Lorsque les élèves décrivent les lieux où ils vont régulièrement dans une semaine normale, ils utilisent l'expression "aller en ville". Quand Hélène Mathian leur demande d'expliciter ce que cela signifie pour eux (vidéo précédente), ils précisent que c'est, par exemple, "prendre le métro pour aller à Bellecour pour faire les magasins". Hélène Mathian en profite pour demander aux élèves si certains lieux leur paraissent être plus loin et d'autres plus proches.

Figure 11. Proximité et facilité de déplacement.

Les élèves ont globalement placé les lieux qu'ils fréquentaient à même distance de leur silhouette centrale. Hélène Mathian en profite pour discuter avec eux de la proximité du lieu et de la facilité à s'y rendre.


Ensuite, il est demandé aux élèves d'identifier les lieux où ils vont faire les courses alimentaires avec leurs parents. Ils doivent aussi essayer de déterminer de quel type de commerce il s'agit : grande surface, supermarché ou marché.

Figure 12. Les commerces alimentaires fréquentés par les élèves avec leurs parents : réponses d'élèves.

Les élèves avaient pour consigne d'identifier avec une deuxième couleur les lieux où ils allaient faire les courses alimentaires avec leurs parents.


Figure 13. Les commerces alimentaires fréquentés par les élèves avec leurs parents : synthèse.

Globalement les élèves vont dans 3 ou 4 lieux différents pour faire les courses alimentaires avec leurs parents Ces lieux représentent la diversité des types de commerces alimentaires : le marché (des Minguettes), le supermarché (Casino) et les grandes surfaces (Carrefour).


La notion du nombre de commerce par habitant dans un quartier.

Dans une seconde partie de la séance, Hélène Mathian explique une notion à laquelle s'intéresse les géographes : le nombre de commerces par habitant dans un quartier.

Figure 14. Exemple théorique du nombre de commerces par habitant.

Les élèves s'approprient assez rapidement la notion du nombre de commerces par habitant dans un quartier.


Figure 15. Nombre de commerces par habitant à Vénissieux : la représentation initiale des élèves.

Spontanément les élèves proposent que chez eux, dans leur quartier, il y a moins de commerces par habitant que dans l'exemple théorique précédent. Un élève se propose même d'évaluer le nombre d'habitants pour la boulangerie du quartier.


Figure 16. Conséquences d'un plus faible nombre de commerces par habitant dans un quartier.

Pour mieux comprendre ce que ces chiffres signifient, Hélène propose d'imaginer ce qu'il se passerait dans un quartier où il y a moins de commerces pour un même nombre d'habitant. Les élèves proposent que la boulangerie devrait être plus grande ou faire plus de pain mais aussi qu'il y aura tout simplement plus la queue dans un tel commerce.


Figure 17. Les chiffres du nombre de commerce par habitant aux Minguettes, à Vénissieux, à Lyon et en France.

Le nombre de commerces par habitant évalué dans le quartier des Minguettes à Vénissieux est de 1 commerce pour 1300 habitants. Or à Vénissieux, il y a en moyenne 1 commerce pour 700 habitants. A Lyon c'est de l'ordre de 1/500 et en France de 1/550.


Figure 18. Image pour comprendre les chiffres.

Pour mieux comprendre ce que ces chiffres signifient, Hélène propose d'imaginer ce qu'il se passerait dans un quartier où il y a moins de commerces pour un même nombre d'habitant. L'image utilisée est le temps d'attente dans un commerce quand il y a la queue.


Les résultats de la séance

Les élèves ont eux-même mené des raisonnements de géographie sur leur propre quartier (sans forcément que ça ait été dit comme tel). Ils ont réussi à recenser les commerces présents dans leur espace de vie, ils ont appréhendé la notion de distance géographique (loin/proche) et de distance sociale ou psychologique (facilité d'y aller selon les transports, l'envie, etc.).

En faisant ça, ils ont pu imaginer ce qu'il se passerait s'il y avait plus ou moins de commerces dans leur quartier. En comparant leur quartier à d'autres endroits (la ville entière de Vénissieux, la ville de Lyon) ils ont compris que dans le quartier des Minguettes "on fait plus la queue que dans d'autres magasins à d'autres endroits". Ceci correspond à la notion en géographie de "désert de commerces", qui s'applique notamment au quartier des Minguettes en termes d'offre de commerces alimentaires (voir le travail d'Alice Nikolli).